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Né pour sentir

Exposition interactive sur l'odorat

22 avril - 22 août 1999

L'exposition propose un parcours autour de quatorze modules.
Repérer une odeur nécessite du « flair », mais aussi de la mémoire.
Heureusement, vous êtes « né pour sentir »...

Né pour sentir est également accessible aux enfants âgés de trois à six ans (neuf modules de A à G sur le plan).
Dans cet espace des Nouveaux nez, les enfants pourront partir à la découverte de l’odorat en vivant quelques expériences olfactives.

1. L’origine des épices et des aromates
Au Moyen Age, on cultivait en Europe des aromates tels que le thym, l’anis, le basilic, le laurier, etc. Il existait cependant des produits à l’odeur et au goût plus exotiques. Rares et précieuses, les épices étaient au nombre de dix. Aux quatre épices nobles: le poivre, la muscade, la girofle et la cannelle s’ajoutent le gingembre, le safran, le curcuma, le piment, la cardamome et la maniguette, sans oublier la vanille d’origine mexicaine.

2. La mémoire des odeurs
Comment expliquer que l’odorat nous rende presque instantanément et si distinctement un ou plusieurs souvenirs anciens avec autant de véracitéé Plusieurs exemples nous sont rapportés en littérature, dans certains poèmes de Beaudelaire, des nouvelles de Maupassant et bien d’autres encore. Associée à un son, à une saveur, ou à une image, l’appréciation olfactive nous renvoie à notre mémoire riche de nos expériences, de nos émotions.

3 et 5. La couleur des odeurs
Dans une société ou l’image est partout présente, la prédominance de la vision sur les autres sens est telle que les informations olfactives passent parfois au second plan. Nous avons pourtant beaucoup à apprendre de notre nez. L’odorat anticipe la menace, il assume la répulsion à l’égard de tout ce qui est périssable ou dangereux.

4. Les odeurs florales
Depuis le XVIIe siècle, la ville de Grasse cultive les fleurs. Ses laboratoires, très spécialisés, pratiquent couramment l’extraction des parfums pour obtenir des huiles de jasmin, violette, fleur d’oranger, jacinthe, tubéreuse… mais aussi l’enfleurage. Dans ce procédé ancien, aujourd’hui peu employé, les fleurs sont étalées sur des châssis recouverts de graisse, laquelle absorbe le parfum des fleurs. L’opération renouvelée plusieurs fois, peut durer un mois. Cette graisse sera ensuite traitée à l’alcool pour isoler le parfum.

6. L’œnologie
L’odeur d’un vin, et donc son goût, dépend de différents facteurs tels que son âge, le cépage, le terroir mais aussi de sa conservation. Il faut différencier arôme et bouquet. L’Arôme sera plutôt utilisé pour des vins jeunes, tandis que le bouquet sera plutôt dû au vieillissement du vin donc associé à des vins qui ont de l’âge. Lorsque le vin est vraiment très vieux, nous parlerons alors de fumet.

7. Les odeurs des bois
En Egypte à l’époque prédynastique, les substances odorantes provenaient principalement du milieu environnant, notamment des arbres et des plantes: par exemple, les résines de conifères, les gommes-résines comme la myrrhe, et les baumes tel le styrax.

8. Les mauvaises odeurs
En Europe, jusqu’aux découvertes de Pasteur, on considérait que les mauvaises odeurs étaient la cause de certaines maladies. Dès le XIIIe siècle, le terme de pestilence désigne aussi bien une odeur infecte que l’épidémie (la peste), et le verbe empester, apparu au XVIe siècle, prend au siècle suivant le sens d’empuantir. La thérapeutique par les parfums n’est que la conséquence logique de ces représentations.

9. Les odeurs du petit déjeuner
Une odeur est si intiment liée à celui qui la perçoit, si chargée d’émotions, de souvenirs, d’allusions strictement personnelles qu’il n’y a aucune référence commune pour la décrire d’une manière objective. Cependant, certaines odeurs s’inscrivent dans la mémoire collective. Lors de moments partagés, il nous arrive de garder le souvenir d’odeurs associées à un lieu, un moment de convivialité. Ce souvenir commun définit à lui seul les odeurs perçues.

10. La matérialisation d’une odeur
Qu’est-ce qu’une odeur? Comment la matérialiser? Une odeur est une émanation de molécules odorantes, volatiles, c’est un effluve souvent incolore, donc invisible.

11. Le cinéma des odeurs
L’odeur est indéfinissable, sauf pour les professionnels tels les œnologues, parfumeurs et autres chimistes, qui utilisent un langage commun et néanmoins restreint compte tenu de la richesse des expériences olfactives. La mémorisation d’une information visuelle associée à une odeur permet de garder durablement son souvenir en mémoire.

12. Les odeurs fruitées
En parfumerie, la famille des hespéridés évoque la fraîcheur des huiles essentielles qui sont extraites du citron, de la mandarine ou de l’orange. De l’écorce de ces fruits est extraite l’huile essentielle qui a donné naissance aux eaux de senteur, eaux de Cologne.

13 et 14. Le parfum
L’usage du parfum a bien évolué depuis le Moyen Age. D’abord associé à l’hygiène (lutte contre les épidémies, purification) il est perçu sous le règne du Roi Soleil comme un produit effaçant la saleté. Au XVIIIe siècle, il sert à la fois à orner, à «nettoyer», et à montrer son rang social. L’eau de Cologne est inventée à l’orée du XIXe siècle. Les produits de synthèse apparaissent au début du XXe siècle, aujourd’hui on tend à désodoriser.

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Quelques repères

Indispensable
Indispensable à l’homme, l’odorat est le plus discrédité de nos cinq sens. Bien souvent associé à l’animalité, il est victime de tabous. Sens du désir et de l’instinct, il participe pleinement au plaisir procuré par l’alimentation. En outre, notre nez est également un formidable outil de reconnaissance et de mémorisation des odeurs du passé, de celles qui peuvent annoncer un danger.

Génétique
Pour détecter les odeurs, nous possédons des récepteurs olfactifs mais notre odorat est plus ou moins sensible. Chacun peut reconnaître environ 3000 odeurs mais nous ne détectons pas tous les mêmes; tout dépend de notre patrimoine génétique pour une grande part, et aussi de l’éducation de notre nez. En effet, selon les individus, les récepteurs olfactifs varient en nombre et en nature. Ainsi, on peut dire qu’en matière d’odorat, il n’y a pas d’observateur standard.

Subtile
Il est très difficile de décrire une odeur: on dit que la perception olfactive n’est pas verbalisable, et le langage est impuissant à traduire ses subtilités. En fait, nous nous les représentons par des «images mentales» associées à des sensations visuelles ou auditives, qui dépendent souvent de notre expérience sensitive.

Culturel
La définition d’une odeur dépend aussi de notre culture. Le parfum, par exemple, n’a pas toujours été mis au service des soins de beauté ou de coquetterie. En effet, les essences parfumées furent d’abord utilisées à des fins sacrées, plus tard, à la Renaissance, pour leurs «vertus thérapeutiques» et, au siècle des Lumières, on leur attribuait un pouvoir hygiénique. Aujourd’hui, c’est l’odeur corporelle qu’il faut cacher, et se parfumer «c’est une question de politesse et de savoir-vivre» selon certains grands créateurs.

Vital
L’odorat est un sens indispensable chez certains animaux. Il apporte les informations nécessaires à la vie, que ce soit pour repérer une proie, un danger, mais aussi pour assurer la reproduction de l’espèce, par le biais des phéromones. Emises par un individu, ces phéromones sont des molécules odorantes qui peuvent provoquer, chez un autre individu de la même espèce, un comportement stéréotypé. Des phéromones humaines influenceraient-elles nos comportements et certains de nos rythmes biologiques sans que nous en ayons vraiment conscience? Ces études pourraient bien nous apprendre que notre nez a beaucoup plus d’influence sur notre vie que nous voulons l’admettre…

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« Enrhubés », une expérience...

Matériel
une carotte, une pomme de terre, un oignon, une pomme, un bandeau, un couteau.

Manipulation
Première phase : Découper les différents aliments en petits morceaux (cubes de 1 cm d’arête environ). Demander à un enfant d’identifier chaque morceau en le sentant et en le goûtant.
Deuxième phase : Bander les yeux de l’enfant. Demander-lui de reconnaître les aliments qu’on lui fait manger. Que constate-t-il?
Troisième phase : Les yeux de l’enfant étant toujours bandés, refaire la même expérience, soit en lui faisant respirer un oignon, soit en lui bouchant le nez. Que se passe-t-il?

Commentaire
La langue ne nous informe que sur le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Toutes les autres informations concernant les goûts nous sont données par le nez.
Les signaux nés au niveau de la langue et des récepteurs olfactifs du nez se rejoignent dans le cerveau. Généralement, nous percevons l’odeur avant le goût. Le cerveau analyse ces informations et les compare avec celles déjà mémorisées. Nous pouvons alors savoir si ce que nous mangeons est nouveau, si nous aimons ou pas les aliments proposés.
Lorsque l’on est enrhumé, on peut éprouver des difficultés à reconnaître les saveurs d’un aliment.

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